Carburant : jusqu’à quand faudra-t-il rouler à perte ?
10 à 15 % de surcoût.
C’est ce que représente aujourd’hui la hausse du gazole pour l’entreprise de Nicolas Artaud, dirigeant de Transport Montagnards, adhérent de l’UNOSTRA depuis 25 ans et administrateur depuis trois ans.
« Sur certains affrètements, il n’y a pas de pied de facture gazole. Tout se négocie voyage par voyage et, parfois, le tarif ne couvre plus les frais. »
Voilà la réalité.
D’un côté, un carburant qui explose. De l’autre, des prix de transport constamment tirés vers le bas. Et, au milieu, le chef d’entreprise qui doit encore trouver comment payer la différence.
Accepter le transport, c’est parfois rouler à perte. Le refuser, c’est risquer de perdre le client.
Magnifique choix.
On nous répondra qu’il existe une indexation carburant. Oui, elle existe. Mais elle n’est pas toujours appliquée, ne concerne pas toutes les prestations et ne protège pas les transports négociés au coup par coup.
« Aujourd’hui, on se bat auprès des clients pour faire passer nos tarifs. Mais c’est compliqué pour tout le monde : certains clients n’ont tout simplement plus les moyens. »
Et pendant que les transporteurs négocient chaque centime, les assurances, les pneumatiques, l’entretien, les péages et le matériel continuent d’augmenter.
Non, les transporteurs ne peuvent pas faire de miracles
Ils optimisent déjà leurs tournées. Ils surveillent déjà leurs consommations. Ils calculent déjà tout.
« Nous avons des camions qui consomment 24 litres. Nous ne pouvons pas les faire descendre à 15 litres. »
Un camion ne consomme pas moins parce qu’un tableau Excel l’a décidé. Une flotte ne devient pas électrique en claquant des doigts. Et une entreprise ne peut pas absorber indéfiniment des hausses que personne ne veut payer.
Le gazole augmente immédiatement. Les tarifs, eux, devraient attendre.
Encore.
Toujours.
Jusqu’à quand ?
Les promesses ne remplissent pas les réservoirs
L’État doit maintenant tenir ses engagements
Pour l’UNOSTRA, les transporteurs ne peuvent pas continuer à naviguer à vue. L’État s’est engagé à accompagner les entreprises sous certaines conditions. Les aides du mois de mai doivent être versées aux entreprises concernées et les textes relatifs aux aides de juin, juillet et août doivent être publiés rapidement.
L’UNOSTRA demande également la réintégration du transport routier dans la quatrième vague d’aides carburant.
Au-delà de l’urgence, il est indispensable de renforcer durablement le mécanisme d’indexation carburant et de lutter contre les prix abusivement bas.
Nos entreprises tiennent encore, mais nombreuses sont celles qui sont au bord de la rupture. Sans visibilité sur les aides, sans possibilité réelle de répercuter les hausses de coûts et avec des prix de transport toujours sous pression, leur équilibre économique est directement menacé.
L’UNOSTRA appelle l’État à agir rapidement. Car lorsque le transporteur ne peut plus rouler à un prix économiquement viable, ce n’est pas seulement l’entreprise qui est en difficulté : c’est la marchandise qui risque de rester à quai.
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