Édito du Président : Alexandre Clareton, « Transport routier : surtout, ne changeons rien… jusqu’à la disparition des entreprise »
Il faut reconnaître une chose : pour gérer une crise, nous avons parfois un véritable talent.
Le carburant augmente ? Créons une aide.
Les trésoreries s’assèchent ? Attendons un peu avant de la verser.
Les prix du transport s’effondrent ? Laissons faire le marché.
Les entreprises n’ont plus de marge ? Réduisons les allègements de charges patronales.
Il fallait y penser.
Pour aider les entreprises à traverser la tempête, pourquoi ne pas commencer par leur retirer quelques planches du bateau ?
Au 31 août, les chiffres sont pourtant sans ambiguïté : des EBE à zéro, parfois négatifs, des investissements reportés, des trésoreries sous tension et des dirigeants qui se demandent combien de temps ils pourront encore tenir.
Et pendant ce temps, le carburant continue de peser lourdement sur chaque kilomètre parcouru.
Nous le disons depuis des mois : si l’objectif était de fragiliser le pavillon français, la méthode est remarquablement efficace.
Pendant que nous cherchons comment survivre, l’Espagne envisage une remise de 20 centimes par litre sur l’essence et le diesel pour le mois d’octobre.
La concurrence européenne, elle, ne fait pas de pause.
Soyons clairs : nous ne voulons pas vivre sous perfusion d’argent public. Une entreprise doit vivre de son travail.
Mais quand le contexte devient exceptionnel, un coup de pouce n’est pas une perfusion : c’est parfois simplement une main tendue pour éviter la chute.
Alors, concrètement, qu’attendons-nous ?
La profession demande une indexation carburant réellement efficace, calculée au plus près des prix du mois en cours. Des contrôles renforcés de la DGCCRF. Une véritable lutte contre les prix abusivement bas. Des aides d’urgence versées avant que les entreprises n’en aient plus besoin. Et une baisse temporaire de la fiscalité sur le carburant professionnel.
Mais également de ne pas alourdir davantage le coût du travail en réduisant les allègements de charges patronales sur les bas salaires, alors même que nos entreprises peinent déjà à préserver leurs marges et leurs emplois.
Rien d’extravagant, en somme. Juste des mesures de bon sens, adaptées à l’urgence.
Alors, de grâce, ne nous expliquez plus que le transport routier est essentiel à l’économie : prouvez-le par vos décisions.
Car à force de vouloir économiser sur les entreprises qui travaillent, investissent et emploient en France, nous finirons par réaliser de substantielles économies… sur le nombre même d’entreprises françaises.
Et le jour où il n’en restera plus assez pour transporter notre économie, il sera toujours temps de créer une commission pour comprendre pourquoi.
Alexandre Clareton
Président de l’UNOSTRA
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