Édito du Président Alexandre Clareton
Six mois ….. même la tortue commence à s’impatienter
Six mois que nous nous battons pour nos entreprises face à l’explosion du prix du carburant.
Six mois que nous alertons.
Six mois que nous demandons des réponses.
Six mois que nous entendons des annonces.
Et pendant ce temps ?
Les aides arrivent au rythme d’une tortue.
L’aide d’avril commence seulement à être versée. Pour mai, les dossiers sont déposés mais les entreprises attendent toujours leur argent. Et pour juin, juillet et août, nous attendons encore le décret permettant simplement de connaître les conditions de versement.
Soyons honnêtes : ce n’est plus de la lenteur, c’est du décalage organisé avec la réalité.
Une entreprise de transport ne paie pourtant pas ses salariés avec des promesses.
Elle ne paie pas son gazole avec des communiqués de presse.
Elle ne règle pas ses échéances avec des décrets à venir.
Mais visiblement, elle est censée attendre.
Et maintenant, le Gouvernement nous annonce que l’aide carburant s’arrête au 31 août.
Pour septembre : rien.
Alors même que les tensions sur les prix de l’énergie repartent fortement.
Il fallait oser.
Mais le meilleur est ailleurs.
Pour justifier cette décision, on nous explique que les transporteurs seraient capables de répercuter la hausse du carburant dans leurs contrats.
Ah bon ?
Alors pourquoi travaille-t-on depuis juillet à réformer et à renforcer le mécanisme d’indexation du carburant si celui-ci fonctionne si bien ?
Il y a là une contradiction que même une tortue pourrait repérer.
On nous dit que le système fonctionne, tout en reconnaissant qu’il faut le réparer.
Cherchez l’erreur.
Sur le terrain, nous savons ce qu’il en est.
Répercuter une hausse de carburant n’est ni automatique, ni immédiat, ni toujours accepté par les donneurs d’ordre.
Et pendant que certains raisonnent en théorie, les transporteurs, eux, raisonnent en trésorerie.
La différence, c’est qu’une trésorerie vide ne se corrige pas avec un argument administratif.
Alors je le dis clairement :
Nous ne demandons pas des cadeaux. Nous demandons que l’État tienne ses engagements.
Les aides annoncées doivent être versées.
Les textes doivent être publiés.
Les mécanismes d’indexation doivent enfin devenir réellement efficaces.
Et surtout, les décisions doivent être prises avant que les entreprises ne soient au bord du gouffre, pas après.
Car pendant que l’administration prend son temps, les défaillances, elles, ne prennent pas de retard.
Et notre secteur est déjà parmi ceux qui sont particulièrement exposés.
Alors oui, nous continuerons à nous battre.
Mais il faut maintenant que le Gouvernement entende un message simple :
Une entreprise peut comprendre un retard. Elle ne peut pas financer indéfiniment les retards de l’État.
Six mois d’attente, c’est déjà beaucoup.
Six mois de combat, c’est trop.
La tortue peut continuer son chemin.
Nos entreprises, elles, ont besoin que l’État se mette enfin à courir.
Car à l’approche des présidentielles, il serait dommage que nos politiques se mettent à courir … mais dans une autre direction.
Alexandre Clareton
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