LA GRATUITE DES TRANSPORTS EN COMMUN : OUI MAIS A QUEL PRIX ???

Un mouvement de fond ? La gratuité des transports publics pourrait bien faire tache d’huile en Europe, selon Karima Delli, la présidente (EELV) de la Commission Transports du parlement européen. Auditionnée le 25 septembre à Paris par les députés de la Commission du développement durable, elle a indiqué que le Parlement européen a lancé une étude « pour savoir où nous en  sommes sur les transports gratuits ».
En toile de fond, l’idée qu’il s’agit d’un levier pour réduire la place de l’automobile. « L’Estonie a lancé une expérimentation sur sa capitale qui a extrêmement bien marché au point que [c’] est le premier pays ou les transports publics sont gratuits », a-t-elle rappelé avant de livrer son « scoop » : « D’autres pays vont l’adopter l’année prochaine », selon elle. Interrogée après l’audition, elle n’a pas voulu préciser lesquels, afin de respecter les élus des Etats en question. Outre l’Estonie, le Luxembourg a déjà franchi le pas.

Karima Delli, présidente de la Commission Transports au Parlement européen,

Le Sénat mesuré. « La gratuité, mais à quel prix ?» s’interroge le Sénat dans un rapport publié le 26 septembre. Ce n’est «ni une fausse, ni une bonne idée en soi », juge la Commission du Développement durable. Elle a certes un « impact social important » mais entraine « un report modal difficile à mesurer » et « un impact écologique difficile à évaluer ». Si l’exemple de Dunkerque montre qu’elle n’est pas réservée aux petits réseaux, elle est hors de portée en Ile-de-France et à Paris. En cause, la saturation des réseaux et l’équation financière forcément très difficile » vu le niveau des investissements.
Comme les sénateurs, L’UNOSTRA pense que «la gratuité totale est possible lorsque la demande est inférieure à l’offre de transports » Elle lui préfère « une tarification solidaire fine », tout en prônant l’inclusion des territoires ruraux dans les réflexions sur la gratuité.
Le but étant d’éviter de renforcer la fracture territoriale au risque d’alimenter le phénomène des Gilets jaunes.

 

 

Paris le 1 octobre 2019
                                                                       Source Bus et Cars